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15 août 2009 3h30, le réveil sonne. Didier (accompagnateur), Jean, et moi allons prendre notre p’tit déj’. 4h30, on prend le départ pour Embrun. Arrivé dans le parc à vélo, on prépare nos affaires vélo et course à pied tranquillement, gonflage des pneus, enfilage de la combi. Certains ont prévu des affaires chaudes pour la première partie vélo. Je décide de ne rien prendre car il fait exceptionnelles chaud depuis quelques jours, quitte à avoir un peu froid le matin (21° à 2700m d’altitude il y à 3 jours alors qu’il fait habituellement 4-5°).





Natation (3800m) :
6h00, le départ est donné. 837 triathlètes qui se jettent dans l’eau ça fait une sacrée cohue. Je suis à l’arrière, inutile de se presser, il reste encore 14 heures pour se départager… J’ai un peu de mal à trouver mes marques et ça cogne de partout. Après le passage de la première bouée, le groupe part trop à gauche malgré les rappels des kayakistes (la plupart des nageurs n’entendent rien). La troisième bouée est à 530 mètres de la deuxième, un camion de pompier sur la berge, indique la direction à prendre avec son gyrophare. A la fin du premier tour, ma natation devient enfin « propre », souple, en amplitude, respiration 3 temps ; et ce, jusqu’à la fin des 3,8 km. Sortie de l’eau, je jette un œil sur mon chrono « 1h11 », c’est mon meilleur temps sur la distance. Vu la cohue du départ, je suis plutôt content, je me dis que la journée commence bien, la forme devrait être au rendez-vous.







Transition 1 :
Je marche trankillou vers mon vélo, pas de dépense d’énergie inutile, la route est encore longue… Quelques échanges de mots d'encouragement entre collègues de club qui sont également dans le parc.
 

Vélo (188 km, 3600 dénivelé) :
C'est parti pour une longue « ballade ». L’objectif est de mouliner un max, surtout ne pas monter en régime. La route s'élève tout de suite, je mets immédiatement un petit braquet et tourne les jambes. Je dépasse Claude dès les premiers km. Puis je vois un autre bleu devant, je continue à mon rythme et le rattrape également, c'est Jean-Marc. Je me rends compte que je dépasse beaucoup de monde. Suis-je trop rapide ? Je me force à ralentir à chaque fois que je dépasse quelques personnes, mais je n'ai vraiment pas l'impression de forcer. En plus du dénivelé, une autre difficulté est au rendez-vous cette année : la chaleur. Je bois une gorgée toutes les 10 mn pour éviter la déshydratation. Descente vers Savine, un gars est au sol, les secours sont déjà sur place. Merde ! Toute cette préparation pour faire 20 km de vélo le jour J. De Savine à Guillestre la route est relativement plate, je suis en position aéro, toujours en mode "tournage de jambes". L'objectif est d'avancer en faisant un minimum d'effort, les yeux toujours rivés sur le chrono pour ne pas oublier boire. J'entends crier "Fabrice" au bord de la route, ce sont les parents à Eric. Ça fait plaisir de les voir ici. Un peu plus tard, Jean-Marc revient sur moi, je ne m'emballe pas et reste au rythme que j'ai choisi. Je le reprends quelques km plus loin. Puis c'est Jean qui me dépasse à Guillestre, au même moment on voit Audrey qui nous encourage (son chéri est déjà bien loin). Je donne quelques coups de pédale pour rester avec Jean. On échange quelques mots, il me dit qu'il a eu une crevaison. Je me remets dans mon rythme et le laisse partir, il est bien meilleur que moi à vélo. Dans le faut plat des gorges du Guil, je dépasse de temps en temps quelques concurrents. Après l’intersection vers le col d’Izoard, je fais une pause pipi, pas la peine de trimballer du poids inutile à 2300 mètres d’altitude… C’est partie pour la plus longue montée de la course, toujours en tournant les jambes au maximum pour ne pas travailler en force. Je continue de dépasser des concurrents tout au long des 20 km de montée. Arrivé au sommet, arrêt ravitaillement, et surprise, je vois Jean en train de refaire tous les pleins. Il n’est pas monté si vite que ça finalement. Un gars est déjà en train de vomir. Il reste encore 90 km de vélo et un marathon à parcourir... Je prends des gourdes pleines et je repars aussitôt. Jean me repasse dès les premiers lacets de cette longue descente vers Briançon. On entame une partie relativement plate avec un fort vent de face. Je suis scotché, je déteste le vent à tel point que j’en suis à espérer que les montées (et les descentes) arrivent vites. Pas de stress, je pédale sans forcer et m’alimente tranquillement ; quelques personnes me passent jusqu’à la prochaine bosse. La montée du Pallon est impressionnante, impossible de gérer, je monte en force. Puis retour sur Embrun par une route légèrement vallonnée, l’allure reste raisonnable, il paraît qu’il reste encore un col. Et quel col !! Il est interminable… On m’avait pourtant prévenu, mais je ne m’attendais pas à ça. Et puis avec 175km dans les jambes… La descente se fait sur une route très mauvaise, je ne prends aucun risque jusqu’au parc à vélo.
 

Transition 2 :
Je change de maillot, regarde autour de moi et prends le temps de compter les vélos du club. 6 sont déjà là. Je suis donc le 7ème. Cool ! On va attaquer ma discipline favorite.
 

Course à pied 42,195 km (dénivelé 400m):
Je pars en toutes petites foulées, dès que ça monte, je marche. Pas la peine de se griller, 42 km avec une température de 35°, c’est long. Je m’asperge d’eau à chaque ravitaillement, il faut s’hydrater au maximum, boire, boire, boire. Dans les premiers km j’entends « Fabrice !! », c’est Sandra (Levenez) qui est en vacances dans la région. Puis je croise Alain qui en fini avec son premier tour, il me dit que Laurent et Jean ne sont pas loin devant. Je rattrape Jean en bas d’une côte, on fait toutes la montée ensemble en marchant, puis je reprends ma foulée. Lui, préfère garder une allure plus souple. Je suis 6èmedu club. Lorsque le marathon croise le parcours vélo, j’aperçois Ahmed dans le minibus balai, il m’encourage. Merde, que lui est-il arrivé ? J’apprendrai plus tard qu’il est arrivé 1mn hors délai au col d’Izoard. A la fin du premier tour, je rattrape Olivier. Il a l’air complètement cuit, il me dit que je suis 5ème du club. A partir du km 30, l’allure diminue progressivement, les cuisses sont douloureuses. Les 6 derniers km se font en alternant marche et course à pied. J’explose complètement à la fin, plus aucune envie de courir. A 1 km de l’arrivée, les supporters sont tellement généreux en encouragement que je me remets à courir pour eux. Il reste 400m, j’entends Jean qui m’appelle, il est en train de revenir sur moi comme une balle. On passe la ligne d’arrivée ensemble.

Je suis 271 sur 686 finishers en 13h48.



Une magnifique course !! De superbes paysages, des changements de rythme, un public généreux en encouragements.

L'embrunman a la réputation d'être l'Ironman le plus difficile du monde. Il est vrai qu'il est très exigent, il faut absolument être au top de sa forme le jour de la course. Mais je pense qu'avec une préparation adaptée et une bonne gestion de course, il est accessible à beaucoup de triathlètes. Pour moi, c'est surtout le plus bel Ironman du monde !!!
Pour 2010, j'avais prévu de ne pas faire de "longues distances", je peux encore changer d'avis...
En tout cas, J'y retournerai, c'est sur ! Le rendez-vous est déjà prit pour 2012 pour un nouveau déplacement club.
 

Nata : 1h11’55        533ème temps    (8ème temps du club)
Vélo : 7h48’57        289ème temps   gain de 222 places  (7ème temps du club)
CàP : 4h38’11           319ème temps   gain de 30 places  (4ème temps du club)
Total : 13h48’14      271ème sur 686 (837 au départ, donc 151 abandons (18%)) (6ème du club, ou plutôt 5ème ex aequo à 5/10ème près)

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